A méditer. Une décomposition moyenne des coûts de la construction est d'une façon couramment admise de:

2% pour la maîtrise d'oeuvre

20% pour la réalisation et...

78% pour un demi siècle de vie (exploitation et maintenance)!!!

Quand on réfléchit alors que de bonnes et complètes études de conception permettent d'optimiser le coût de la réalisation (-5% sur 20% qui font -1% du total) mais surtout permettent de réduire considérablement les coûts d'exploitation (-5 à -10% sur 75% font de -3,75 à -7% du total) comment peut-on hésiter à augmenter de 25%, voire de 50% le prix des études (+25% ou +50% sur 2% qui ne font que +0,5% à +1% du total).

En tout cas l'objectif du moindre coût des études est une totale hérésie intellectuelle.

Les concours d'architectes basés sur le montant des honoraires procèdent de cette folie.

Selon le programme du Maître d'ouvrage et le "parti" créé par l'architecte, il appartient à celui-ci de faire appel le cas échéant aux spécialistes les plus appropriés: géomètres, ingénieurs de toute discipline, économistes, paysagistes, décorateurs, coloristes, mais aussi scénographes ou muséographes, spécialistes de process, voire médecins ou juristes, etc...

Bien que l'architecte ne soit pas le "plus sachant" dans chacun de ces domaines, il ne peut être étranger à aucune des productions de ses partenaires.

En effet, un ouvrage réussi n'est jamais la simple juxtaposition ou superposition de solutions techniques isolées proposées par de multiples professionnels.

Il faut alors rappeler cette évidence: un ouvrage peut être bon techniquement ou être réalisé à un prix canon, cela restera toujours de l'argent gâché si le bâtiment est rejeté par ses utilisateurs (ou si ceux ci y sont mal à l'aise pour y vivre), ou s'il défigure la ville ou le paysage.

L'architecte est le seul d'entre les professionnels à avoir reçu une formation de créateur portant sur l'ensemble des objectifs des projets en vue de concevoir un projet réussissant la "synthèse architecturale" des choix à faire tout au long des études de conception. De ce fait, l'architecte participe (peu ou prou) aux études de tous ses partenaires, et, en tant que garant des qualités de toute nature du futur ouvrage, il lui appartiendra d'arbitrer éventuellement entre des options divergentes, avec l'aval du Maître d'ouvrage.

Son travail va ainsi permettre d'assurer la cohérence du projet en gestation.